Au sommet, (Grampians) J
Ce matin encore j’y étais, à la pointe rocailleuse du mont gris vert, ….
…poussé par le vent et les sensations, je ne connaissais plus de peurs, plus de vertiges. J’étais là perché comme pour m’envoler sur les hauteurs de la forêt à la cime ébouriffée.
Deux kilomètres de montée donnent sur le panorama de l’infinie immensité, au loin les montagnes reflètent leurs brumes matinales, sous mes pieds rien que le vide je me sens plus léger.
C’étais après le lever de soleil que nous avons observé de l’autre coté, après mon escapade solitaire guidée par le chant des oiseaux, instant salutaire qui me fait oublier mes pensées amères. Après une nuit sous la tente, sommaire détente, à se remémorer les instants agités de ce wallaby effrayé suivant la route devant moi en croyant m’échapper.
Cette infinie descente contournant les gorges du grand canyon, ces points de vue lointains au sommet des balconnets suspendus au néant. Accroché aux nuages me vient l’envie de braver mon courage, de défier mes équilibres, je me surprends encore à jouer au funambule sur ces arches de pierre car je sais mieux mon rapport à la terre, la peur m’est désormais étrangère. Et toujours en moi, les mots se bousculent, j’aimerais mieux vous décrire l’humeur qui touche ici mon cœur, vous parler de l’arbre au tronc noir bordé de parures rouilles oranges, de ces roches arrondies qui trahissent l’érosion passée des torrents et la violence des cascades ou encore de toutes ces fleurs qui viennent orner la foret dense, de ces fougères plume qui comme décoiffées amusent par leurs chapeaux en forme de queue de kangourous et de la faune environnante au petit matin.
Encore un petit moment de détente au cœur de ce sentier sablonneux de chaque cotés habité par les arbres si nombreux. Tout bouge autour, rien pour qui ne sait écouter, voilà l’Echidnae qui montre son long nez, la Rosella à la gorge presque rouge avance d’un pas léger, deux jeunes kangourous me coupent la route et cette inoubliable symphonie dans le ciel, nous sommes survolés par ces Cockatoos (kakatoès) qui hurlent des cris guerriers et tournent comme des rapaces affolés, ils nous montrent leurs crêtes et leurs parures dorées, se rassemblent et s’affrontent dans un harmonieux concert rugissant.
Que portent ces lieux quelle magie habite ces forêts où la vie omniprésente rappelle quelle indélicate espèce nous représentons ?