La Tasmanie m’a séduit, m’a transformé et ébloui.
Je vous raconte, bien sûr, et je vous donne la version poétique en plus puisque cela m’a conquis.
Depuis que je suis en Oz il n’est pas un jour sans surprises, sans inconnues, sans démesures.
La Tasmanie est l’Angleterre de l’australiens continental, rien, peut être de plus que ce que j’ai rencontré avant dans des contrées austères que je préfère encore aujourd’hui taire. Pas de paysages plus grands ou plus beaux que d’autres rivages insulaires, cet îlot pourrait être corse ou maltait, ressembler aussi bien à la Bretagne qu’à Alger. Ce n’est donc qu’un état d’esprit que je décris, un ressentit pas un descriptif précis.
C’est un portrait à plusieurs géométries que chacun verra à sa façon si un jour il s’y rend. Juste un miroir pour ceux qui cherche à mieux y voir. L’Australie produit cette magie qui sommeille en chacun d’entre nous, elle offre la vertu du beau et la compassion du moment.
Voilà donc une ébauche de mon immersion:
Dix jours au sud du bout du monde, les pieds sur la terre de l’imaginaire, c’est bien un paradis qui maintenant me retient. Que d’aventures partagées, que de bons moments échangés. Nous voilà quatre garçons pleins d’ambitions, français, allemand et hollandais voguant dans le vent comme des électrons, sans attaches ni sans aimants. Nous parcouront les routes, tournons au grès des humeurs autour de l’île du jour aux quatre saisons. Admirons dès le petit jour à l’horizon, criques et falaises qui donnent le frisson.
La route souvent bien longue mais non déserte, twiste toujours, surprend et envoûte car chaque virage ouvre une porte a l’aventure. Nous partageons les bons moments, évoluons de plages en points de vue. Jusqu’au bout de la journée mouvementée après avoir évité opossums, wallabies et wombat ces hôtes sombres du crépuscule comme échappés des forêts denses autant qu’obscures. Nous recherchons un site pour planter la tente en suivant la voie lactée comme seule piste, la croix du sud comme bon repère, et campons tous les soirs sous l’égide des étoiles.
Pas un instant ici je me suis ennuyé, tous les moments résonnent encore en moi comme un écho qui serait décuplé, du petit déjeuné aux dîner improvisé je n’ai rien loupé.
Nous affrontons un climat plus londonien que méditerranéen, plutôt changeant est incertain quoi qu’au final bien chaleureux. Nous foulons cette flore semblable à nos forêts humides et profondes d’Europe, croisons l’arbre fougère à l’espèce plus que millénaire, l’eucalyptus noir déjà quatre centenaire, guettons le lit de la rivière à la recherche du fameux Platypus (Ornithorynque), et profitons de l’humeur accueillante des tasmaniens natifs.
Aux quatre coins de cet univers, rien ne m’est semblable, rien ne m’indiffère :
Au nord ouest, la côte ornée de roches oranges contraste avec le sable neige et le bleu turquois des mers.
Les ports fastes de la cote ouest ressemblent à des stations de sport d’hiver.
Les montagnes de la terre du milieu rappellent en lacs et cascades leur nature sauvage pour que les yeux captent la lumière de ce moment figé en pointille. Apparaît alors une carte au relief extraordinaire.
A l’est les plages désertes et les baies de St Hélène, sont presque effacées par les instants précieux de mes rencontres inattendues sur les hauteurs de Freycinet, le charme agit sur la péninsule, la beauté opère malgré mon coté austère car la simplicité appelle à une plus grande sincérité.
Hobart, capitale à vivre, scintille de ses ports de plaisance jusqu’aux hameaux de ses collines. Nous partons le soir à la rencontre du citadin, qui est certainement trop détendu pour être hautin.
Au sud enfin ce ne sont plus les paysages quoi que différents, plus frais et moins cléments, qui me retiennent. Le ressentis je le garde pour moi, plus que des mots rein d’autre que des sentiments qui de jours en jours mordent mon cœur blésé par cet attachement si ardent.
La Tasmanie, Darwin voulait y séjourner, y être expatrié, moi j’aimerais y retourner, y goûter ses paisibles soirées d’été. Ces landes calmes qui respirent comme un volcan éteint, son sol fertile qui conte en silence ses milliers d’années.
Ici et là je le ressent, ce souffle brûlant me fige et me surprend en un même instant. Rien d’ordinaire ici, rien de sommaire, tous prend un sens pour qui sais entendre.
J’emporte avec moi ces panoramas sur l’infini, j’ouvre ma mémoire aux mondes restreins que certains diront pouvoir retrouver moins loin.
Qu’importe, demain je pourrais dire « je me souviens!! »