Archipelago,
J’arrive au bout du chemin après quelques minutes de marche. Je me retrouve plongé dans le panorama infini qui me permet de découvrir enfin l’autre baie. La plus belle jamais rencontrée sur cette terre. Aucune photo ne peut alors retranscrire ce qui en moi a formé en cet instant ce sourire.
Une longue plage de sable blanc cintre l’océan où le vert améthyste et le bleu turquoise se marient délicatement. Je reste là, un moment à m’interroger sur la nature de cette pierre scintillant sous le soleil éblouissant. Un monolithe au cœur rose qui semble couvert d’une parure d’argent.
Le ciel devient alors aussi immuable qu’accessible, si proche, il semble sortir d’énormes griffes de granite de ses gants de velours. Le long de cette plage préservée, c’est comme une main tendue vers nous en cet endroit accidenté qui nous indique la voie d’accès du paradis. Les vagues lissent inlassablement ces rochers érodés qui s’érigent en forteresse, alors qu’en ma mémoire, toujours vagabonde, « Elle » adoucie mes heurts et efface les souffrances que m’ont faites les injures du temps.
Dans le flot raisonné de mes incompréhensions, je m’évade encore. La mer m’appelle à plus de compassion et je rejoins les filles, ces trois folles avec qui j’ai tracé ma route. « Elles » choisissent de goûter nues aux fruits de la volupté tactile pour que le reflue incessant de ces eaux transparentes laisse entrevoir les formes généreuses de ces algues élégantes.
Sur la route du retour, nos sombres pensées disparaissent progressivement dans le bain de la clarté et nous nous rapprochons doucement. Je revois encore en souvenir ces Goannas, petits dragons, mi grenouilles mi serpents qui ont croisés ma route pour y insuffler ce jour là un soupçon de magie.
J